Implanté sur la Dordogne, à quelques kilomètres en amont de Bergerac, le barrage de TUILIERES et l'usine de production d'électricité inaugurés en 1908, méritent, de par la conception des ouvrages, que l'on s'y attarde quelques instants.
Le site comporte en effet un barrage hydroélectrique et une centrale thermique associée. Cette centrale a été prévue pour reprendre la production d'électricité lors des basses eaux de la Dordogne ce qui est une configuration sans doute assez unique en France.
Ces ouvrages ont été construits dans une zone où la Dordogne présente une dénivellation importante et de nombreux rapides. Pour faciliter la navigation, un canal de dérivation avait du reste été aménagé a cet endroit dangereux de la Dordogne (canal de Lalinde). Le lieu était idéal pour construire un barrage.
Pour permettre le passage des gabarres* qui circulaient sur la Dordogne jusqu'au début du siècle dernier, un canal de dérivation et un escalier d'écluses avaient en effet été aménagés sur la rive droite du fleuve en 1844. (oui, oui, les spécialistes considèrent de nos jours la Dordogne comme un fleuve et non pas comme une rivière du fait qu'il se jette directement dans la Gironde, un estuaire ! ).
L'escalier d'écluses est l'un des plus beaux ouvrages de ce type existant en France. Sur une distance de 289 mètres pour une dénivellation de 22 mètres, on peut voir encore aujourd'hui, les deux séries de trois écluses séparées par un magnifique bassin de croisement et deux maisons éclusières qui n'ont reçu aucune transformation depuis leur construction.
* Gabarre (ou gabare) : Bateaux à fond plat qui navigaient sur la Dordogne entre Bordeaux et le Massif Central pour le trafic du bois et du charbon en particulier. Etymologie : grec "karabos" : coquille/langouste, qui a aussi donné caravelle, scarabée, crabe, carabe, etc.
Le passage de l'escalier de Tuilières nécessitait 6 à 8 heures de manoeuvre aux gabarriers.
Les travaux de construction de cette installation de production d'électricité s'étalèrent de juin 1905 à décembre 1908. Le site se composait d'un barrage et d'une unité de production thermique implantés entre le fleuve et un système d'écluses qui permettait le passage des bateaux qui circulaient à l'époque sur la Dordogne. Le site était exploité par la Société Energie électrique du Sud-Ouest.
Génie civil : Grands Travaux de Marseille
Hauteur des piles : 31 m
Barrage mobile au fil de l’eau. 8 passes déversantes, équipées
de vannes STONEY de 13 m de haut et 7 m de large manœuvrables grâce
à un système de contrepoids. Longueur du barrage : 105 m.
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Barrage de Tuilières Caractéristiques actuelle de l'installation
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La centrale thermique a été démontée et les deux cheminées ont aujourd'hui disparu. |
Le 29 janvier 2006, à 3 heures du matin, la rupture de la vanne N° 4 du barrage a conduit à une vidange rapide des 5 millions de m3 d'eau de la retenue et à une mini catastrophe écologique locale, sans drame humain heureusement. Suite à cet incident, EDF a confié la mission de reconstruction du Barrage mobile au Groupement JOSEPH PARIS/ORYS qui a proposé une solution répondant aux impératifs techniques fixés par le cahier des charges et respectant le calendrier de remise en production du barrage.
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On se rend bien compte sur ces images de l'ampleur des travaux qui ont été nécessaires pour l'aménagement de ce canal et des six écluses avec un dénivelé de plus de 22 m.
Sur l'image de droite le bassin intermédiaire qui permettait le croisement des bateaux montants et descendants.
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Sur l'image de gauche, la maison de l'éclusier et sur l'image de droite, la porte des écluses vue de l'amont.
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Ces blocs de rochers au milieu de la Dordogne rendaient la navigation des gabarres extrêmenent difficile surtout par temps de brouillard en hiver et quand le courant était fort.
De très nombreux bateaux se sont fracassés sur ces obstacles au péril des bateliers, ce qui avait conduit à la construction d'un canal de dérivation.
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Sur l'image de gauche on distingue la sortie de l'échelle à poissons (trou dans le mur de gauche).
L'image de droite avec le canal de Lalinde au premier plan, permet de voir le bâtiment des machines de la centrale hydraulique. La centrale thermique a été démolie ainsi que la cheminée des chaudières.
Images prises à l'été 2011. Collection personnelle du webmaster.
Sources :