Raconte-moi la radio

Dispositifs de protection des antennes

Une antenne constitue-t-elle un danger en cas d'orage ?

La question a fait l'objet de nombreux articles et publications dans les premières années de la TSF.

L'idée qui semble se dégager de toutes les études est que l'antenne peut jouer, en cas d'orage, le rôle de paratonnerre si elle est parfaitement reliée à la terre.

Afin de protéger les appareils et les opérateurs télégraphistes, les antennes de radio, qui sont, à l'aube de ces techniques, de grande longueur, sont donc équipées de dispositifs parafoudre.

Parafoudre à peignes

Parafoudre
Lightning protector
Walters Electrical Mfg. Co. Ltd

Cet appareil, appelé aussi parafoudre de Bertsch, dispose de 2 ou 3 peignes en cuivre dont les pointes sont en regard les unes des autres.

Un des peignes est relié à la ligne d'antenne, le peigne en vis à vis est relié à la terre.

Cet appareil, entièrement passif, permettait de dévier à la terre les charges électriques atmosphériques en cas d'orage et protégeait le matériel de TSF ..... et son utilisateur .... des dangers de la foudre.

Des dispositifs tel que celui représenté ci-contre ont été commercialisés dès les années 1920.

Cet appareil de fabrication anglaise était aussi installé pour la protection des lignes téléphoniques et est appelé parfois parafoudre d'entrée de poste.


Parafoudre
Parafoudre à Piques
Les décharges électriques se font entre 2 séries de pointes distantes de quelques dixièmes de mm
Photo Stéphane Héliez 2009

Interrupteur à levier combiné à un parafoudre

Des appareils du type de celui présenté ci-dessous ont été proposés à la vente dès les années 1920.

 Ils permettrent de dévier directement à la terre les charges électrostatiques récupérées par l'antenne par temps d'orage.

Une manette assure un basculement simple et rapide du conducteur d'antenne vers la terre en cas d'orage.

Le modèle ci-contre est de conception assez rustique.

Beaucoup de modèles plus complets étaient pourvus d'un fusible sous verre de 3 ampères et d'une cartouche protectrice à faible intensité.

Ces dispositifs protégeaient aussi le récepteur contre un risque de chute d'un conducteur électrique sur l'antenne (ligne à basse ou moyenne tension).

D'autres solutions plus ou moins complexes ont été proposées, mais le principe de base restait souvent le même.

Ces parafoudres étaient installés au mur à l'intérieur de l'habitation et au voisinage du récepteur de radio.

Le parafoudre ci-dessus, référencé au catalogue saison 1934 (Tarif N°9) - DIELA 116 Avenue Daumesnil Paris 12 ième est aussi de type à peigne.



Paratonnerre à fil préservateur, monté sur acajou, avec poignée en corne - Vers 1870
Le fil est contenu dans le petit tube horizontal en haut de l'appareil.
Dimensions : 125 X 95 X 70 mm

Limiteurs de tension et dispositifs parasurtenseurs

Des dispositifs plus complexes ont été fabriqués à partir des années 1930, suite à l'augmentation du nombre de postes de radio installés et à la demande de nombreux auditeurs sans doute qui souhaitaient protéger leur matériel coûteux contre d'éventuels effets de la foudre.

Il ne faut pas oublier qu'à l'époque les postes de radio ne pouvaient recevoir les émissions des émetteurs lointains que grace à un long fil installé sur le toit de la maison.

La firme PHILIPS commercialise à cette époque, un appareil de type éclateur encapsulé. Il se montait en extérieur, fixé au mur sur une équerre vendue avec l'appareil.

D'autres types d'appareils comportaient une pastille "semi-conductrice" (peut-être de l'oxyde de zinc) qui remplaçait les éclateurs métalliques traditionnels.

Des éclateurs à gaz de type industriels étaient utilisés il y a encore peu de temps pour la protection des équipements de télécommunication.

Ces appareils sont abandonnés aujourd'hui au profit de dispositifs électroniques tels les varistances (ou varistors à oxyde de zinc) et des diodes de type Zener de conception particulière dites diodes d'écrétage (diodes Transil).

Sources :

  1. Les collecteurs d'ondes - Antennes et descentes antiparasites - L. Chrétien P.L. Courier - Etienne CHIRON éditeur PARIS - 1934.
  2. La pratique de l'électricité - E. Lacombe - Librairie J. Alté Toulon - 1908

© 2000-2007 Pierre Dessapt