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Jean-Antoine NOLLET 

Physicien français né le 29 novembre 1700 à PIMPREZ en Picardie et mort à PARIS en 1770.

Jean- Antoine Nollet est issu d'une famille paysanne. Il est le fils de Charles Nollet et Geneviève Champenois.

Il a 4 ans lorsque Newton publie son étude remarquable intitulée Opticks, dans laquelle il élabore une théorie des couleurs et imagine que la lumière est composée de particules.

Cet ouvrage met ainsi en avant une théorie corpusculaire de la lumière qui va déchaîner les passions scientifiques pendant plus de 2 siècles.

Jean Antoine Nollet choisit la carrière ecclésiastique, inévitable pour un enfant sans fortune, doué et avide de connaissances et commencera ses études dans les collèges de Clermont et de Beauvais.

A Paris, il étudie les mathématiques, la philosophie, la théologie et il obtient en 1724 le titre de bachelier de la Faculté de théologie de l'Université de Paris.

En 1727, Nollet est consacré diacre. Par la suite, il adoptera le titre équivoque d'abbé.

En 1728, il enseigne à la Société des Arts, travaille avec René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757).

La même année, le roi Louis XV retient ses services en tant que maître de physique et d'histoire naturelle des enfants de France (enfants du roi).

Electroscope à feuille d'or

En 1733, Réaumur confie à Nollet la direction de son laboratoire.

Nollet est un bon théoricien, mais également un excellent orateur et vulgarisateur. Ces dons, joints aux instruments scientifiques qu'il a à sa disposition, l'encouragent à se lancer dans la carrière de conférencier.

Il donne la première de ses "causeries expérimentales" en 1735. Le succès est immense et la popularité de Nollet va grandissante.

Sa notoriété va rapidement traverser l'Europe où il se fait connaître et obtient les plus hautes distinctions.

En 1734, il est en Angleterre et est élu membre de la Royal Society de Londres.

En 1736, il part en Hollande et rencontre Petrus van Musschenbroek (1692-1761) le père de la Bouteille de Leyde. C'est Nollet lui-même qui sera à l'origine de cette dénomination.

Il est en relation avec les savants de son temps, tels B. Franklin et plus tard Volta avec qui il entretiendra une correspondance suivie, mais il a aussi la chance d'être introduit auprès des Grands et des personnages influents de l'époque.

En 1739, Nollet se rend à Turin auprès de Charles-Emmanuel III (1701-1773), roi de Sardaigne et duc de Savoie pour lui enseigner la physique expérimentale. Il  y restera six mois.

La même année, il est membre de l'Académie des Sciences.

En 1745, il publie dans les Mémoires de l'Académie des sciences, «Conjectures sur les causes de l'électricité des corps». Pour la première fois, Nollet expose sa théorie de l'électricité effluente et de l'électricité affluente, deux états d'un même fluide. Jusqu'en 1752, ce système jouira en Europe d'un large consensus.

En 1749, il s'intéresse à la nature de la foudre et pressent sa filiation avec l'électricité. 

Il faut se souvenir que René Descartes lui-même, pourtant considéré comme le grand penseur rationaliste du XVII ième siècle, prétendait que la foudre résultait de "l'explosion des exhalations sulfureuses de l'atmosphère sous la pression, lorsqu'un nuage plus lourd tombait sur un nuage plus léger !"

A cette époque, la carrière de Nollet sera un moment ternie par une controverse avec Benjamin Franklin sur l'origine de cet électricité, dans laquelle Nollet s'est obstiné dans l'erreur.

Nollet et Franklin avaient cependant tous deux raison. Le feu du ciel et les feux de Saint-Elme que l'on peut observer à l'extrémité des mats de bateaux présentent les même caractéristiques que l'électricité produite par les machines électriques.

A l'âge de 56 ans, nommé par le roi, il obtient la chaire de physique expérimentale du collège de Navarre, puis un poste à l'école d'artillerie de La Fère et à l'école du génie de Mézières.

C'est l'époque de la capitulation de la ville de Québec après la défaite française des plaines d'Abraham et nos relations avec les nouveaux territoires nord-américains ne sont pas au beau fixe !

En 1761, Nollet est élu pour la première fois sous-directeur de l'Académie des Sciences. En 1762, il sera élevé au rang de Directeur.

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Jean-Antoine Nollet perfectionnera la machine pneumatique à vide et inventa une machine à tailler les verres de lunettes.

Ce grand expérimentateur est l'inventeur de nombreux appareils de physique dont l'électroscope à boules de sureau (1747) puis de l'électroscope à feuilles d'or (1750).

C'est lui aussi qui remplaça l'eau de la bouteille de Leyde par des feuilles d'étain.


Il s'intéressera aussi à la pesanteur, à l'ouïe des poissons, à la formation de la glace, à la propriété qu'à l'eau de transmettre les sons.

Parmi ses oeuvres les plus remarquables on peut citer ses "Recherches sur les Causes particulières des Phénomènes Électriques et sur les effets nuisibles ou avantageux qu'on peut en attendre".

Il meurt l'année de la naissance de l'illustre compositeur allemand Ludwig van Beethoven (1770-1827) et à l'époque où Henry Cavendish (1731-1810), physicien et chimiste anglais reconnu comme l'un des plus grands expérimentateurs de son temps, définit les notions de charge et de potentiel électriques.

Le grand physicien français est enterré à Pimprez dans l'église du village où il est né.

Machine de Nollet
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Le petit neveu de l'abbé Nollet, Florise NOLLET , professeur de physique à l'école militaire de Bruxelles, construira vers 1853, une machine électrique dérivée de la machine de CLARKE destinée à décomposer l'eau pour utiliser l'hydrogène dans l'éclairage public.

Cette machine sera perfectionnée par Joseph van MALDEREN contremaître d'une société d'éclairage "La Compagnie l'Alliance".

L'image ci-contre montre un exemple de réalisation de cette  machine magnéto-dynamique, ancêtre de l'alternateur : Machine construite vers 1870 pour l'éclairage des phares.


En Angleterre, Frédéric H. HOLMES mènera des travaux similaires à ceux de Nollet dans le but de mettre au point, lui aussi, une génératrice magnéto-électrique pour l'éclairage.



Machine de Holmes - vers 1870

Détail de la conception

La machine ci-dessus, construite vers 1870, alimentait la lampe à arc du phare de Souter Point près de South Shields en Angleterre, un des phares les plus puissants du monde à l'époque.

On distingue sur les images les aimants en fer à cheval (en rouge) et les bobinages (en noir).

La conception de cette machine est assez proche de celle de la compagnie l'Alliance !




Ecole de Navarre près du Panthéon à PARIS
(Ancienne Ecole Polytechnique, depuis le Ministère de la recherche)

Sources :

  1. Le Dictionnaire des Inventeurs et des Inventions - LAROUSSE
  2. Les sites Internet sur le sujet
  3. Electricité - Max de Nansouty Ancienne librairie Furne - Boivin et Cie Editeurs - Paris - Edition 1911
  4. Photos de la machine de Holmes : ScienceMuseum London

© 2000-2007 Pierre Dessapt