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Hippolyte Fontaine

Ingénieur et constructeur français né à Dijon le 12 avril 1833 et mort à Hyères (Var) le 17 février 1910.

Hippolyte Fontaine de son vrai prénom François-Hippolyte sera le deuxième d'une famille de treize enfants.

Son père était menuisier.

Dès six ans, il sera mis en pension chez un ami instituteur à Couchey. Doué sur le plan intellectuel, il est en revanche quelque peu handicapé sur le plan physique du fait d’une légère paralysie.

En 1848, il est admis à l’École des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne (aujourd'hui Châlons-en-Champagne) et en sortira trois ans plus tard avec son diplôme en poche.

En 1851, il entre dans la vie active et part faire son tour de France comme ouvrier modeleur.

En 1853, il est embauché, comme chef du bureau d'étude, aux ateliers d’Oullins dans la banlieue de LYON (matériel ferroviaire, charpentes métalliques).

En 1857, il rejoint à Paris, la maison Cail, en tant que chef de travaux.

Pour mémoire, cette Société spécialisée dans la construction métallique et la grosse mécanique (sucreries, chemins de fer, travaux publics), fusionnera après 1870 avec Fives-Lille et Babcock & Wilcox (Société Fives-Lille-Cail).

En 1859, Fontaine est atteint de paralysie et est arrêté pendant un an. Il met à profit ce repos forcé pour étudier. Un traitement hydroélectrique lui permettra de retrouver l’usage de ses bras, mais il gardera de lourdes séquelles aux jambes.

Il reprendra ses activités professionnelles en 1860 aux Chemins de fer du Nord et en 1865, il sera retenu pour suivre la construction des Docks de Saint-Ouen, dans la banlieue parisienne. Mais en 1870 c'est la guerre et la société des Docks est mise en liquidation.

Il se lance dans l’étude de petits moteurs domestiques mais cette activité sera arrêtée par la guerre.

Pendant cette période, il sera chargé d’organiser le contrôle et la fabrication de matériel de guerre dans les usines de Paris, puis lors du siège de la capitale, il organisera la protection de l’Institut, en prévision de bombardements.


Le 17 juillet 1871, Zénobe Gramme présentée à l'Académie des Sciences son premier projet de Dynamo. Il dépose un brevet et recherche un commanditaire.

A la fin de 1871, il conclut affaire avec le comte d'Ivernois, administrateur des Docks de Saint-Ouen, qui fait entrer Hippolyte Fontaine dans la société nouvellement créée : la Société des Machines magnéto-électriques Gramme.

Hippolyte Fontaine restera administrateur de cette société jusqu'en 1900.

L'alliance de l'inventeur Gramme et de l'industriel Fontaine va se révéler extrêmement féconde. Ensemble, ils vont adapter la dynamo à de multiples usages industriels. Un de leurs plus prestigieux clients sera la Société Christofle qui s'équipera de dynamos pour l'argenture électrolytique (galvanoplastie) de ses précieuses productions.

En 1873, à l'Exposition de Vienne (Autriche), La Société Gramme présente deux machines, une dynamo pour galvanoplastie, actionnée par un moteur à gaz, et une autre alimentée par une batterie de piles destinée à actionner une pompe centrifuge qui faisait couler une cascade.
Cette animation, avait pour but de montrer la réversibilité de la dynamo et son application en tant que moteur.

L'histoire raconte que l’Empereur d’Autriche ayant annoncé sa visite et la batterie de piles étant malencontreusement tombée en panne, Fontaine dû brancher, en catastrophe, la dynamo génératrice pour alimenter la dynamo moteur et adapter avec des moyens de fortune les tensions des deux machines.


Hippolyte Fontaine mourra à Hyères (Var) où il séjournait pour l'hiver, à l'âge de 76 ans. Il repose au cimetière du Montparnasse à Paris.


il créera, avec Amédée Briquet, La Revue industrielle, qu'il dirigera de 1871 à 1884.


Sources :

  1. Le Dictionnaire des Inventeurs et des Inventions - LAROUSSE
  2. les sites internet sur le sujet et en particulier l'excellente biographie de Jean Vuillemin - Pa. 40 et ESE 47.

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