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Les Chargeurs sur courant continu

Dès le début du développement de l'électricité, les industriels et les particuliers se sont trouvés confrontés au choix à faire entre le courant électrique continu (CC) et le courant alternatif (AC) qui était proposé par les producteurs.

Le premier trouvait une utilisation incontournable dans les domaines de l'électrochimie et de la galvanoplastie, dans le domaine de la traction et des moteurs à vitesse variable. Le second se révélait particulièrement intéressant pour les moteurs à vitesse fixe depuis l'invention du moteur asynchrone polyphasé et du transformateur. L'éclairage se satisfaisait des deux types de courant pour autant que la fréquence ne soit pas trop basse, sinon le courant alternatif entrainait un scintillement des lampes peu agréable.

La charge des batteries d'accumulateurs qui était un problème fréquent à résoudre nécessitait de disposer obligatoirement d'une source de courant continu.

Pour les utilisateurs qui avaient à disposition cette source de courant, la charge des batteries était assez facile à réaliser.

La photo ci-dessous montre une installation domestique typique de charge de batteries pour poste de TSF ou pour batteries de voiture.


Chargeur mural pour batteries d'accumulateur
Banc de charge domestique - avant 1930
Autres vues du chargeur mural
A gauche après restauration
A droite avant restauration

Cet appareillage se branchait sur le secteur 110 V continu.

Le pôle négatif était relié directement au pôle négatif de la canalisation.

Sur le banc ci-dessous, le repérage du pôle pouvait se faire à l'aide de la petite aiguille aimantée disposée à cet effet sous le boitier du voltmètre (appareil de droite).

Le pôle positif est relié au "plus" de la batterie par l'intermédiare d'une série de lampes à filament de carbone.

Il fallait mettre autant de lampes de 16 bougies (environ 50 W) que la batterie comptait de dizaine d'Ampère-heures de capacité.

Ainsi, pour une batterie de 40 Ah, il fallait mettre 4 lampes, comme dans le cas du banc de charge en image.

Seules les lampes à filament de carbone sont appropriées à cet usage. Ce type de filament a en effet la particularité d'avoir sa résistance qui croit avec la température et de ce fait il assure une régulation du courant de charge.

Au milieu du banc de charge en haut se trouve le fusible qui protège l'installation électrique (support en porcelaine blanche).

En dessous on voit l'interrupteur général qui permet la mise en et hors service du banc de charge.

Un ampèremètre et un Voltmètre permettent de surveiller le courant de charge.

La charge sera interrompue quand l'électrolyte bouillonne dans la batterie, indiquait un mode d'emploi de l'époque.


Pôle Nord ou Pôle Sud ?

Pour brancher l'appareil décrit ci-dessus, il falait repérer les polarités du courant continu présent sur les prises de l'installation électrique.

L'utilisateur repérait ces pôles à l'aide d'un papier cherche-pôle.

Le papier cherche-pôle appelé papier-pôle de Wilke (pole-finding paper en anglais) est un papier test (comme le papier de tournesol utilisé en chimie), imprégné de iodure de potassium, qui a la particularité de laisser une tache rouge au pôle négatif d'un conducteur.

Son utilisation était très simple et économique. Vendu en carnet de 60 bandelettes, il suffisait d'en détacher une, de la poser à plat après l'avoir humectée légèrement avec de l'eau, de poser les deux conducteurs sur cette bandelette à une distance variable suivant la tension et immédiatement une tache rouge se formait autour du conducteur négatif.



Carnet de papier test
Pour rechercher les polarités du courant continu


Test de polarité
l'électrode négative laisse sur le papier humidifié une trace rouge fushia
alors que l'électrode positive ne laisse aucune trace.

Etonnant de voir une bandelette de papier test datant des années 1930 , fonctionner encore parfaitement. Ah ! les miracles de l'électrochimie !!!


Sources :

  1. La TSF des amateurs - Franck Duroquier - Masson éditeur PARIS 1923
  2. L'électricité pratique et récréative - Daniel Courtois - Vermot Editeur - PARIS


© 2000-2007 Pierre Dessapt