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Témistocle CALZECCHI-ONESTI

Physicien italien né à Lapedona le 14 Décembre 1853 et mort à Monterubbiano le 25 Novembre 1922.

En 1879, Calzecchi sort diplomé en physique mathématique de l'université de Pise et devient l'assistant de Ricardo FELICI connu pour ses travaux sur l'induction magnétique.

En 1883, il est nommé professeur de physique au Regio Liceo de Fermo.

Il s'intéresse aux phénomènes liés aux contacts imparfaits dont l'explication scientifique reste à donner à l'époque.

Le comportement électriques des poudres métalliques avait été observé dès 1835 par P.S. MUNK ROSENSCHOLD de l'Université de LUND, qui avait mis en évidence une augmentation de la conductivité des mélanges de limailles métalliques lors de passage de courants de décharge de bouteilles de Leyde.

Ce même phénomène sera analysé vers 1850 par SA. VARLEY et D. HUGHES. L'inventeur du microphone attribuera le fonctionnement de son appareil à barreau de carbone au comportement du contact imparfait entre les pièces conductrices :

"le barreau de charbon immobilisé entre les deux coussins de charbon, bouge insensiblement sous l'effet du son ce qui entraîne un continuel changement de la résistance électrique du circuit", écrivait-il à l'époque dans ses rapports d'expérience.

Vers 1884, Calzecchi-Onesti entreprend à son tour, une série d'expérience sur le comportement de poudres métalliques.

Entre 1884 et 1885, il publie dans la revue de l'Académie des Sciences "NUOVO CIMENTO", une série d'articles sur la conductibilité des poudres métalliques.

Il examine essentiellement les variations de conductivité des limailles métalliques avec l'idée d'une utilisation possible dans des détecteurs de vibration voire même de séisme, mais aucun de ses écrits semble-t-il ne met en évidence l'effet des ondes électromagnétiques sur la variation brutale de leur conductibilité.

Père du cohéreur ?

Les travaux de Témistocle CALZECCHI-ONESTI menées à la même époque que ceux de BRANLY ont conduit à la mise au point d'un détecteur sensible aux ondes électromagnétiques.

Tout le monde sait que cet appareil est à la base de la réussite des travaux de MARCONI et le point de départ de la RADIO telle que nous la connaissons de nos jours.

Qui des deux savants a le mieux servi la science ?

En FRANCE, incontestablement, BRANLY est reconnu comme le père de la TSF.

En Italie, CALZECCHI est reconnu pour les mêmes raisons.

MARCONI, pour sa part, n'a jamais dit de quelle façon il avait eu connaissance du cohéreur.

Le régime fasciste de Mussolini qui a sans doute joué un rôle dans les querelles d'antériorité de l'invention de la T.S.F. avait diffusé de nombreuses informations sur le sujet et en particulier avait affirmé qu'il n'est pas impossible que le premier appareil de Marconi ait été fourni par le Professeur Vinenzo Rosa de Livorno.

Des publications d'époque prétendaient même que le cohéreur était un des appareils de Calzecchi, même si par la suite Marconi utilisa le Radio-conducteur de Branly.

On se souvient aussi que MARCONI fut large d'éloge pour Branly à la suite du succès de ses essais de transmission transmanche.

Le mythe français qui fait de Branly l'authentique inventeur non seulement du cohéreur, mais de la TSF, est sans doute un peu lié à cette reconnaissance de Marconi pour Branly, mais rend de fait peu probable l'antériorité de sa découverte par CALZECCHI.

Tout cela n'enlève rien, bien sûr, au talent de ces physiciens, à leur charisme et à leur opiniâtreté.

N'oublions pas non plus les autres chercheurs qui ont conduit à la découverte du cohéreur. Varley bien sûr, mais aussi Lodge qui a donné son nom à cet appareil fondamental dans le processus de développement de la TSF.

Il y a aussi sans doute d'autres laborieux chercheurs dont l'histoire n'a pas retenu le nom, mais qui ont aussi contribué par leur travail au développement de la Radio.



Sources :

  1. Témistocle CALZECCHI-ONESTI - André BLONDEL - R.G.E., 21 avril 1923 p. 649-650
  2. Le tube à limaille de Calzecchi Onesti et la TSF de Marconi - BRENNI PAOLO - Quelques réflexions sur les débuts de la TSF en Italie. Revue d'histoire des sciences. 1993, Tome 46 n°1. pp. 73-82.

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